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Reconstruire en mieux : investir après le coronavirus

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- 03 septembre 2020

La Covid-19 a eu un impact économique et sanitaire dévastateur. Alors que l’Europe s’efforce de rouvrir les entreprises après le confinement, nombreux sont ceux qui se demandent : comment pouvons-nous reconstruire nos économies de manière plus durable ?

Le coût humain de la Covid-19 a été douloureux ; et à ce jour nous mesurons encore mal ses implications à long terme pour la santé. Mais les restrictions imposées aux activités humaines pendant le confinement ont également eu un impact positif sur l’environnement. La réduction de la production industrielle, du trafic routier et des voyages en avion ont entraîné une baisse de la pollution et des émissions de CO2. De plus en plus de gens se déplacent à vélo, marchent et travaillent depuis chez eux.

Pour les entreprises, le message est clair : comment pouvons-nous nous remettre économiquement de la pandémie tout en préservant certains des avantages de ces changements introduits dans nos comportements ?

Le désir d’une approche plus verte aux efforts de reprise post-Covid-19 est manifestement important, ce que de nombreuses personnalités, du candidat à l’élection présidentielle américaine Joe Biden et du Premier ministre britannique Boris Johnson aux Nations unies et à la London School of Economics, ont appelé « reconstruire en mieux ».

Cette volonté est également partagée par de nombreux experts tels que le World Economic Forum, l’Unesco ou l’IFC (International Finance Corporation).

Une enquête réalisée par YouGov pour la Royal Society of Arts au Royaume-Uni a montré que seulement 9 % des Britanniques souhaitent revenir aux normes d’avant la pandémie, plus de la moitié d’entre eux citant un air plus pur comme exemple. Aux Pays-Bas, 170 universitaires ont publié un manifeste pour un changement économique après la crise, qui souligne la nécessité d’investir selon de nouvelles approches. En parallèle; une coalition d’entreprises néerlandaises s’est engagée à faire de la durabilité la pierre angulaire des mesures de reprise post-Covid-19.

« L’actuelle crise sanitaire nous oblige à repenser notre système de mobilité », a déclaré Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, à un quotidien français. La maire de Paris Anne Hildago a agrandi le réseau de pistes cyclables, et les itinéraires dédiés ont vu leur longueur doubler, à 650km. En Allemagne, la chancelière Angela Merkel souhaite que le financement de l’Union européenne dédié à la reprise après le coronavirus soit consacré à des projets plus durables et plus écologiques ; un désir salué par de nombreuses entreprises allemandes.

 

Capitaliser sur les efforts existants

Nous savions déjà que le changement climatique avait des conséquences financières. Selon Morgan Stanley, seules seize catastrophes météorologiques et climatiques survenues en 2017 aux États-Unis ont coûté quelque 309 milliards de dollars, et les pertes au niveau mondial résultant de catastrophes naturelles sur la dernière décennie ont atteint près de 3 trillions de dollars. Cela fait d’une réponse plus verte à la refondation de la croissance économique le seul choix financièrement responsable.

Reconstruire en ayant à l’esprit des objectifs climatiques prend également son sens au niveau de l’entreprise. Avant la crise, le PDG de Black Rock, Larry Fink, avait appelé les PDG des entreprises de son portefeuille à mettre la priorité sur le développement durable. En mai, il avait ajouté : « Ces derniers mois, nous avons vu que […] de fortes caractéristiques de durabilité ont été essentielles pour aider les entreprises à survivre à la crise. »

Chez ABN AMRO, nous sommes très attachés à nos clients Lorsque la pandémie a frappé, notre première pensée a été pour eux et voir comment nous pouvions répondre le mieux possible à leurs besoins. La réactivité de nos équipes et la confiance que nous nous accordons ont favorisé une productivité et une agilité énormes quand nous collaborons dans ce seul but. Nous sommes fiers de la manière dont nos collaborateurs au niveau mondial continuent à se connecter à distance, en télétravail depuis leur domicile. Les leçons tirées de ces nouveaux comportements façonnent déjà notre manière de penser à un retour à une « nouvelle normalité ».

 

Un million de petits pas

En pratique, les entreprises peuvent envisager de petits changements, par exemple ne pas imprimer des rapports même lorsque des imprimantes de bureau « gratuites » sont à nouveau proposées. Au siège d’ABN AMRO Lease and Commercial Finance à Hayward’s Heath, au Royaume-Uni, la consommation mensuelle de papier est passée de l’équivalent de 325 kg d’émissions de CO2 en février à 183 kg en mars, et 25 kg seulement en avril. Multipliez cela par le nombre de pays dans lesquels nous sommes présents, et les impacts positifs sur les émissions se cumulent.

Les grands changements imposés par le confinement s’avèrent eux aussi bénéfiques. Moins de voyages en avion, par exemple : Euromoney a interrogé un banquier qui affirme que cela révolutionne son travail : « J’ai eu cinq réunions cette semaine, ce qui m’aurait pris cinq mois pour les organiser auparavant », a-t-il expliqué.

Et de nouvelles perspectives de gestion financière pourraient faire une énorme différence. Les entreprises cherchant désespérément des fonds de roulement ont dû repenser leurs priorités pour leurs dépenses en capital pendant le confinement. « Cela sera bénéfique sur le plan opérationnel et financier pour elles et, une fois qu’elles seront en mesure de poursuivre leurs projets, à l’économie au sens large », ajoute McKinsey.

La question est de savoir à quoi ressemblera le long terme. Alors que nous étudions les politiques de travail et les investissements à faire pour revenir à cette « nouvelle normalité », comment pouvons-nous éviter de retomber dans les travers de la non-durabilité ? Dans les 18 prochains mois , les plans d’investissement des entreprises pourront-ils faire plus pour le changement climatique que Greta Thunberg elle-même ne pourrait le rêver ?

Investir pour le futur

Repenser l’investissement semble être l’une des clés pour débloquer cette meilleure reconstruction. Là encore, des petites mesures pratiques doivent être prises, à côté de stratégies plus larges.

Par exemple, installer un éclairage à LED dans les locaux commerciaux ou investir dans une infrastructure technologique pour les télétravailleurs qui n’effectuent plus de déplacements présentent des bénéfices opérationnels immédiats, et viennent en soutien à un futur plus durable. Une  autre décision importante pourrait être de remplacer votre flotte de véhicules commerciaux par des véhicules électriques ou fonctionnant à l’hydrogène.

Ainsi les solutions de financement adossées sur les actifs de l’entreprise, par exemple le financement des factures, peuvent apporter une bouffée d’oxygène pour le fonds de roulement. Elles peuvent aider les entreprises à se sentir plus en sécurité avec une meilleure visibilité sur leur trésorerie, et leur permettre d’investir dans des équipements et des pratiques commerciales adaptées à un monde post-pandémie et plus durables pour l’environnement.

Changement stratégique

Pouvons-nous concevoir des modèles d’affaires durables qui répondent aux défis climatiques et plus généralement de l'environnement sans museler la croissance ? Avant-même la Covid-19, nombreux étaient ceux qui pensaient que nous le pouvions.

« L’économie circulaire », des biens et des services destinés à être réutilisés ou recyclés en fin de vie en est un parfait exemple. (ABN AMRO encourageait cette économie circulaire déjà en 2016. Mais elle est plus importante maintenant que jamais.) Nos solutions de financement peuvent aider les entreprises à s’engager dans une démarche à long terme en proposant des produits certes plus chers mais avec une durée de vie plus longue

Alors que la plupart des entreprises cherchent à se rétablir après le confinement, certaines options de financement alternatives constituent une solution idéale à la fois pour la robustesse économique et pour une approche ascendante à la durabilité.

Le défi du climat est encore énorme. La réduction des émissions de CO2 liées au confinement en 2020 doit être répétée chaque année jusqu’en 2050 pour maintenir le réchauffement de la planète en dessous du seuil de 1,5 °C.

Nous devons investir judicieusement dans de nouvelles manières de travailler, de nouvelles technologies et  des infrastructures durables. Notre mission est de devenir votre partenaire financier en vous accompagnant dans cette démarche, et en rendant possibles les investissements clés en vue de la (re)construction d’un monde meilleur.